Le bien-être au service de la génétique

Une fois par an, les éleveurs sélectionneurs des différentes coopératives adhérentes de Gènes Diffusion Optimal se retrouvent pour la traditionnelle réunion de la charte Gènes Diffusion Optimal. Cette année, le rassemblement était organisé le 8 juillet 2008 au GAEC Lepoint, à Bavay, dans le Nord (59).

Le GAEC Lepoint n’est plus à présenter. Les spécialistes et autres « mordus » de génétique ont forcément déjà entendu parler de cet élevage désigné comme l’un des incontournables en matière de morphologie Holstein en France. Beaucoup de vaches issues de cet élevage ont inscrit leur nom aux palmarès des concours régionaux et nationaux. Tout récemment, en juin dernier, Clotilde, une fille de ROUMARE, s’est adjugée le titre de Championne Génisse à Terres en Fête, après avoir obtenu la même récompense à Eurogénétique 2 mois plus tôt.

Le thème de cette journée faisait référence à un sujet essentiel quand il s’agit de génétique et de production : la contribution du confort à l’expression du potentiel génétique. Le bien être n’est qu’un sujet parmi tant d’autres mais il constitue l’un des fondements majeurs d’une bonne gestion de troupeau.

Comprendre ses vaches, c’est savoir les observer et les comprendre

Joop LENSINKJoop LENSINK, professeur à l’Institut Supérieur de l’Agriculture (ISA) de Lille et Philippe DERU, responsable commercial France d’Interlock-Animat étaient chargés d’expliquer aux éleveurs de la Charte les nouvelles « tendances » actuelles et d’éclaircir quelques points techniques ou de rappeler certains fondamentaux en la matière. Si Joop LENSINK revenait sur les grandes lignes du bien-être animal pour les vaches, Philippe DERU apportait des réponses et des solutions concrètes aux différents problèmes posés. Chaque élevage est unique, chaque éleveur a une façon particulière de gérer son troupeau, chaque bâtiment a ses spécificités… bref, il existe autant de cas de figure que de réponses adaptées au bien-être des vaches de chacun. Mais, il y a quand même des principes de base. « Les conditions de logement influencent d’une manière importante le confort de couchage, la propreté et la santé de l’appareil locomoteur des vaches » résume Joop LENSINK. Le discours des deux intervenants était complémentaire et permettait de rappeler des évidences qui ont parfois tendance à être un peu oubliées. « En fin de compte, c’est toujours la vache qui a raison » résume Philippe DERU. En d’autres termes, une bonne gestion du bien-être animal reste, encore et toujours, l’observation de son troupeau afin de décrypter certaines attitudes. « Il faut observer les vaches et agir en conséquence » renchérit le professeur. « Mais attention » prévient Philippe DERU, « il ne faut surtout pas uniformiser votre troupeau, chaque vache est différente par rapport à un stade et un nombre de lactations ».

Philippe DERUDire que la génétique serait responsable des difficultés de gestation ou de production de certaines vaches est un peu réducteur. Selon Philippe DERU, « Il faut se remettre en question et regarder objectivement l’ensemble des problèmes de son élevage, ce qui est souvent plus compliqué ». Les origines des problèmes de fécondité ou de production sont d’ailleurs, plus souvent à chercher du côté du bâtiment et des conditions d’élevage. Cela étant « nous sommes tous pareils » complète le commercial qui est également un ancien éleveur. « Quand on créé un bâtiment avec des fondations en béton et que l’on se rend compte, quelques années plus tard, que l’on s’est trompé dans la construction de celui-ci, on n’a pas forcément envie, ni les moyens, de tout refaire » constate Philippe DERU. Malheureusement « un inconfort des vaches conduit à une moindre expression du potentiel de production » observe Joop LENSINK. De plus, il ne faut pas oublier « qu’une partie de la carrière et du potentiel d’expression d’une vache dépend de ses conditions d’élevage en tant que génisse » ajoute le professeur de zootechnie.

Un public attentif aux explications des deux intervenantsMais pour tout cela, des solutions ou des adaptations existent, dont voici quelques exemples. « Marchant de tapis » comme il aime à s’appeler ironiquement, Philippe DERU est venu faire la démonstration de tapis de sol essentiels au bien-être des vaches pour la locomotion et le couchage. Un revêtement de sol mal adapté ne permet pas une bonne expression des chaleurs car il diminue le comportement de monte et augmente le risque d’accident. Bien entendu, revoir son équipement de sol a un coût : « C'est un investissement non négligeable qui est partie intégrante d'un investissement d'équipement de bâtiment, mais qui sur la longévité et la reproduction des animaux, et la longévité de l'équipement, s'amortit très aisément » déclarait-il à Web-Agri en avril dernier. Un tel revêtement permet d’éviter certaines maladies de l’appareil locomoteur. Les logettes, éléments essentiels dans la vie d’une vache, doivent, également, être bien pensées. Selon le technicien commercial, les logettes doivent se mesurer, au garrot, soit entre 1m20 et 1m25. De son côté, en termes d’adaptation, Joop LENSINK préconise de mettre le plus de paille possible en logette, « ce qui évite les blessures aux articulations, les vaches couchées dans les couloirs et limite les risques de mammites ».

S’il fallait ne retenir qu’une seule préconisation de l’exposé, ce serait la suivante : se mettre à la place de la vache. Pour Philippe DERU, « ça parait simple mais c’est absolument essentiel ! Si la vache ne produit pas bien, qu’elle a du mal à se déplacer, qu’elle ne se couche pas dans les logettes ou autre, il faut se demander pourquoi. A sa place, si les conditions ne nous convenaient pas, on agirait probablement de la même façon ».

Une visite attendue

Frédéric LEPOINT expliquant les différents pedigrees que l'on peut retrouver au GAEC LEPOINTAprès le déjeuner, les participants ont pu découvrir les différents taureaux proposés par Gènes Diffusion Optimal pour la prochaine campagne. Frédéric LEPOINT, responsable génétique, a ainsi détaillé les pedigrees de l’ensemble des taureaux listés.

Les éleveurs ont particulièrement apprécié la visite de l'élevageEnfin, le moment tant attendu est arrivé avec la visite de l’élevage Lepoint qui, pour les éleveurs sélectionneurs, reste une référence. La visite a débuté dans le bâtiment des vaches en cours de lactation ou ces dernières ont été finement observées. Elle a continué dans le bâtiment des génisses, où la qualité des animaux exposés en a séduit plus d’un. Les éleveurs se sont montrés très attentifs aux explications génétiques fournies par la famille LEPOINT. S’en est suivie une série de questions-réponses concernant, essentiellement, les pedigrees des animaux présentés. « Nous sommes dans un créneau axé essentiellement sur la morphologie » précisait Frédéric LEPOINT, qui, pour l’occasion, endossait la casquette de la famille LEPOINT. « C’est un créneau restreint, certes, mais qui existe bel et bien » concluait-il.

 

 

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