GAEC du Bled

Patrice DUBOISL’avis du Technicien Génétique : Patrice DUBOIS

Le PAM correspond-il aux attentes des éleveurs ? Absolument. Sur les choix du taureau, avec le PAM, on est capable d’aller voir les index réels du taureau quelque soit sa provenance. Sur la sélection individuelle du taureau, on a vu que les conseils du logiciel étaient cohérents par rapport aux objectifs de l’éleveur quand d’autres concurrents proposaient des taureaux ne correspondant en rien.

Le PAM fait-il les mises à jour du stock de doses des éleveurs inséminateurs ? Le logiciel ne prend pas en compte les stocks des éleveurs qui saisissent eux-mêmes l’évolution de leur dose. Le logiciel n’a pas le droit de regard sur ce que font les éleveurs - inséminateurs. Lorsqu’il saisit son stock lui-même sur SYNEL, le logiciel ne peut pas le savoir. La seule façon de mettre à jour les données du PAM c’est lorsque l’éleveur nous donne l’info sur l’état de ses paillettes.

Le Plan d’accouplement est-il le document le plus utile ?Oui, tout à fait. Avec ce document, on constate l’évolution du troupeau par rapport aux choix génétiques initiaux. On peut, ainsi, situer le troupeau, poste par poste : INEL, Lait, etc... Au GAEC de la Tour, le Lait (qui est l’objectif principal) était à 330. Avec les femelles à naitre, on passera à 859 ! En Mamelle on était à 0,36 d’index, on est passé à 0,98. La Fertilité est également un poste observé. De +0,10, l’élevage passera à +0,24. L’augmentation est donc générale, sauf dans les Taux mais qui s’explique, puisque nous sommes dans une orientation Lait.

Evolutions du PAM ? Ce que l’on peut faire avec le PAM pour affiner la sélection, c’est travailler sur le descriptif morphologique individuel vache par vache. Dans le bilan génétique, tout le descriptif est indiqué de manière théorique en termes d’index, en fonction des origines de la vache. Aujourd’hui, tenir compte d’un descriptif détaillé serait très intéressant. Ainsi, on pourrait juger individuellement sur du visuel et pas uniquement sur ascendance. Cela risque d’être un petit peu long à faire et puis se pose aussi le problème de la réactualisation de toutes les données, au moins une fois par an pour les nouvelles bêtes, à part pour les génisses, bien sûr.

Les étiquettes d’insémination. Par rapport à la présentation, ne pourrait-on pas coller les étiquettes d’insémination sur le côté ?

GAEC de la Tour : l’accouplement sécurisé

GAEC de la TourComme beaucoup d’élevages, le GAEC de la Tour à Bailleulmont (62), est avant tout une affaire de famille. Béatrice VANDENPORTEN s’est installée en 1981 et s’est toujours principalement occupée de leur troupeau de 80 vaches. Intéressée par la conduite du troupeau, sa fille, Michèle BONNELLE, a souhaité « sauter le pas » et devenir éleveur-inséminateur au service du GAEC familial. Elle vient de faire sa première réelle séance d’accouplement et force est de constater que le PAM lui a rendu un fier service.

Objectifs de sélection

Michèle BONNELLE : « Nos objectifs sont les suivants : Cellules, Mamelle, Taille, Vêlage facile et le Lait. En fonction de ça, on choisit les taureaux intéressants sans se mettre de limite. Au final on avait une liste d’une quinzaine de taureaux, plus le reste des doses de l’an passé. »

L’arrivée du PAM est un soulagement

MB : « Je me demandais toujours comment allait fonctionner l’accouplement. N’étant pas non plus une grande spécialiste en génétique comme peuvent l’être les inséminateurs, je craignais de faire les mauvais choix. J’avais surtout peur de la consanguinité. Je voulais être conseillée. Avec le PAM, j’ai tout de suite été rassurée parce que le PAM empêche ces erreurs, notamment grâce à liste des taureaux interdits qui est vraiment appréciable. »

Le choix des 3 taureaux

Michèle BONNELLE (à g.) et Béatrice VANDENPORTEN devant leur troupeau HolsteinBéatrice VANDENPORTEN : « Comme il y a 3 choix de taureaux, le 1er n’est pas forcément celui auquel on aurait pensé mais sur les 3, il y a forcément celui qui correspond à l’idée que nous nous étions fait de l’accouplement. Mais le PAM correspond tout à fait à nos objectifs de départ. Il met en face le taureau correspondant qu’il faut. »

MB : « Comme je commence, je vais respecter à la lettre le choix et le classement des trois taureaux. Mais je devrais mettre, sur une feuille de papier, en face de chaque taureau, les critères qu’il améliore vraiment. Comme ça, quand je vois la vache à inséminer, je vois si le taureau correspond. »

Gain de temps ou pas par rapport à avant ?

BV : « Avant, nous faisions plus au cas par cas. Nous allions en pâture et je savais dire ce qui allait ou pas sur chaque vache. Maintenant nous raisonnons plus en masse. »

MB : « L’objectif du troupeau se situe au niveau de la production, donc sur le lait. Aussi, notre sélection de masse se concentre également sur la mamelle qui est l’un des points les plus importants. Nous avons donc choisis les taureaux à partir de ces objectifs et le logiciel a fait le travail. Par contre, du coup, aller voir les vaches juste avant l’accouplement avec le technicien ne représente plus vraiment d’intérêt. »