GAEC du Bled

Marc BELLENGUEZL’avis du Technicien Génétique : Marc BELLENGUEZ

Le PAM correspond-il aux attentes des éleveurs ? Oui et c’est logique car le PAM n’intègre pas les taureaux qui ne correspondent pas aux objectifs de l’éleveur. Des cas où des éleveurs se sont retrouvés avec des doses de taureaux de la concurrence ne correspondant en rien à leurs attentes sont déjà arrivés. Dans ces cas de figure, le PAM met en évidence ces mauvais choix.

Faut-il aller voir les vaches avec l’éleveur ? Pour des éleveurs de type sélectionneur comme celui du GAEC du Valandin, c’est primordial. Dans ce genre de troupeau, il y a des femelles à haut niveau d’ISU et avec ce type de vaches, on modifie un peu la panoplie de taureaux car elles méritent un traitement à part.

Le PAM agit-il de la même façon pour les éleveurs inscrits à l’UPRA et ceux qu’ils ne le sont pas ? Non, pas du tout. Les éleveurs UPRA ont des données plus précises car les animaux sont décrits morphologiquement. A l’inverse, pour les non adhérents à l’UPRA, la morphologie est intégrée mais sous forme d’une estimation par rapport à l’ascendance.

Nombre de taureaux sélectionnés. Avant, on avait toujours 2 à 3 taureaux dominants dans les accouplements manuels. L’avantage du PAM est qu’il diversifie ses propositions génétiques. Il y a plus de variabilité. De plus, la liste des 3 taureaux est vraiment un atout vu le nombre de taureaux disponibles sur le catalogue. Sur des troupeaux à gros effectif, pouvoir intégrer tous les paramètres d’index, de pedigree et autre n’était pas forcément évident. Avec le PAM les risques d’erreurs ont assurément diminué.

Le prix peut-il être un critère de sélection génétique pour le PAM ? Oui, tout à fait. Chez un sélectionneur, le prix est moins un facteur déterminant. Par contre, chez les producteurs de lait, le prix est un critère important. On peut avoir des cas où l’éleveur demande des taureaux de classe moyenne, au tarif inférieur, pour les retours. Mais il est aussi possible que ces taureaux arrivent en premier choix car ils correspondent aux objectifs de sélection.

Paramétrage du PAM. Le PAM est un outil fonctionnel qui apporte des résultats tangibles. Cela étant, nous sommes dans une année de mise en place. On doit expliquer le fonctionnement du logiciel aux éleveurs avant de l’utiliser, ce qu’il permet de faire, ce qu’il peut apporter à l’éleveur, etc… Mais nous devons, avant tout, crédibiliser l’outil aux yeux des éleveurs. Quelques ajustements peuvent subsister comme, par exemple, la gestion des taureaux rouges ou de la semence sexée.

GAEC du Valandin : voir les vaches reste essentiel

Laurent VIARD du GAEC du ValandinInstallé depuis 2001, Laurent VIARD est à la tête d’une cinquantaine de vaches Holstein au sein du GAEC du Valandin à Mondicourt (62). Eleveur-sélectionneur, Laurent VIARD aime privilégier l’échange humain avec le technicien génétique de son secteur (Marc BELLENGUEZ) afin de concevoir les meilleurs choix d’accouplements pour son cheptel laitier. L’arrivée du PAM ne lui fera pas changer son mode de fonctionnement : discussion et visite du troupeau. En revanche, les multiples sécurités apportées par le logiciel l’ont particulièrement séduit.

Objectifs de sélection

« « L’ISU et la Mamelle sont mes priorités. Mais, globalement, je cherche toujours des taureaux très complets, en faisant attention, malgré tout, à la protéine. » »

Les avantages du PAM

« L’apport de l’informatique en général est bénéfique. En ce qui concerne le PAM, j’apprécie plus particulièrement la liste des taureaux interdits pour la consanguinité, le CVM ou les difficultés de vêlage. Avec le nombre de taureaux qu’il y a dans la gamme Gènes Diffusion Optimal, plus les éventuels taureaux extérieurs, le risque d’erreur est amplifié. Les connaissances du technicien, ainsi que les miennes ne nous permettent pas d’éviter certaines méprises sur des accouplements. On ne connait pas tous les taureaux sur 5 générations non plus. Avec le PAM, le risque est vraiment limité. »

Le choix des 3 taureaux

Belle : une de femelles les mieux classifiées du troupeau de Laurent VIARD.« Le choix des 3 taureaux par vache est intéressant car cette hiérarchie respecte les objectifs de départ. Cela dit, étant éleveur UPRA, je connais les défauts de mes vaches et j’imagine déjà à l’avance quels sont les taureaux qui peuvent coïncider le mieux à mes attentes. Mais le choix du PAM correspond à ce que j’aurais mis à titre personnel sur une très grande majorité des cas. »

« Est-ce que je vais respecter la hiérarchie proposée des 3 taureaux ? Probablement pas. Par exemple, sur un accouplement ou le PAM propose ROUMARE en 1er choix et un taureau d’un niveau moindre en second, je ne suis pas sur de mettre le 2ème taureau en cas de retour. Je pense même que dans ces cas particuliers, je remettrai du ROUMARE en 2ème ou 3ème IA. A ce niveau là, je crois que je vais gérer comme je l’entends. »

Aller voir les vaches

« Il est primordial, à mon sens, de continuer à avoir des échanges avec le technicien et d’aller voir les vaches » selon Laurent VIARD« Pour moi, aller voir les vaches reste important. Si le PAM consistait juste à effectuer des accouplements autour d’une table avec le technicien, je serais resté sur ma faim. Or là non, ce n’est pas le cas. Même si c’est un après-midi par an, il est primordial, à mon sens, de continuer à avoir des échanges avec le technicien et d’aller voir les vaches pendant la phase d’accouplement. Le PAM n’empêche pas cette relation. Bien au contraire, cela nous permet de discuter génétique, des nouveaux taureaux, etc… »

« Le temps que nous passons à faire les accouplements reste globalement le même qu’avant l’arrivée du PAM. Comme nous prenons le temps de discuter et d’aller voir les animaux, nous n’en gagnons pas forcément, même si le choix des taureaux se fait incontestablement plus vite. Cela étant, le PAM est encore dans une phase « découverte ». Une fois que son utilisation sera rodée, nous irons probablement plus vite. »