La race charolaise à la 1ère place des races pures

Courant juin, un groupe d’éleveurs charolais de la région Nord-Picardie s’est envolé pour la Norvège, une destination qui n’a pas été choisie au hasard. En effet, aux paysages grandioses, s’ajoutent un taux d’animaux sans cornes important et une pratique très forte du vêlage à deux ans.

Anna Rathe (Melhus) accompagnée d’une des fondatrices de son troupeauLa 14ème édition du voyage charolais, organisée par le CIA Gènes Diffusion, a permis à un groupe d’éleveurs régionaux de constater que l’élevage allaitant norvégien est jeune. Les premiers cheptels se sont constitués à partir des races Angus et Hereford. La Charolaise et la Limousine ont ensuite fait leur apparition pour améliorer les performances techniques et économiques. Aujourd’hui, la race charolaise a conquis la première place des races pures, devant la Hereford, alors que l’Angus et la Limousine régressent.

Un statut sanitaire irréprochable

La Norvège bénéficiant d’un statut sanitaire irréprochable (indemne d’IBR, de BVD, de Paratuberculose…), les créations de cheptels se font principalement par croisement d’absorption ou achats en Suède. « Aujourd’hui, les cheptels sont présents, un schéma de sélection fonctionne, les éleveurs sont motivés et solidaires, le braquet supérieur est enclenché », explique Eric François du CIA Gènes Diffusion.

Pour la conduite d’élevage, les différences sont liées à un hiver long (6 à 10 mois de neige par an), une période plus ou moins importante de pâturage en forêt (quelques dizaines d’animaux pour plusieurs milliers d’hectares de forêt), mais aussi à une pratique quasiment systématique du vêlage à deux ans.

Sensibles au gène sans cornes

Génétiquement, les Norvégiens sont très sensibles au gène sans cornes (35% du cheptel) et à l’aptitude au vêlage, une sensibilité d’autant plus développée que les pays scandinaves ont toujours été moteurs dans la règlementation en matière de bien-être animal et que les exploitations norvégiennes sont parfois isolées.

Les Norvégiens sont également très attentifs à la qualité des membres car la période de stabulation longue et les pâturages extensifs nécessitent des animaux solides.

Dans certains cas, le pâturage associe relief et massif forestierConcernant la morphologie des vaches, deux philosophies s’opposent : certains éleveurs mettent en avant des gabarits modérés (380 à 400 kg de carcasse) de façon à limiter les besoins d’entretien, notamment lors des périodes de pâturage en forêt ou sur les parcours extensifs. A l’inverse, d’autres privilégient l’expression du potentiel morphologique avec un format supérieur (450 à 480 kg de carcasse), à l’image des éleveurs français.

Au niveau des performances d’engraissement sur taurillons, « quel que soit le modèle de vache, on obtient des moyennes de GMQ carcasse très honorables : 0,758 kg à 0,980 kg, soit pour des taurillons âgés de 16 mois un poids de carcasse compris entre 370 kg et 480 kg », chiffre Eric François. Le technicien allaitant se réjouit de cette expérience concluante et prévoit déjà, pour 2013, la 15ème édition du voyage charolais qui aura lieu cette fois-ci en France.

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