Dossier Technique

Matthieu BOMBART

Inséminateur - Animateur du Groupe Thiérache

Inséminateur : un métier pas comme les autres

Matthieu BOMBART, né en 1979, est entré à Gènes Diffusion en 2000. Passionné par son métier, ce jeune inséminateur a gravi les échelons au sein de la coopérative pour être, aujourd’hui, animateur du groupe Thiérache. Il revient pour nous sur son parcours et jette un regard sur son métier et son évolution. Une analyse très personnelle qui peut, pourquoi pas, susciter des vocations…

Matthieu BOMBART

Matthieu BOMBART, inséminateur depuis 2000.

Cliquez sur les images pour les agrandir

Relevés des appels téléphoniques

Le matin, c'est le relevé des appels téléphoniques sur le répondeur. Matthieu prépare la tournée de ses collègues et la sienne.

Répartition

Une fois les appels enregistrés, ils sont répartis par ordinateur. Les tournées sont ensuite envoyées électroniquement aux inséminateurs sur leur boitier...

Le boitier

Le boitier. Indispensable à l'inséminateur, c'est avec cet outil qu'il prend connaissance de sa tournée du jour. Mais ce mini PC permet également d'authentifier les actes réalisés en élevage.

Insémination

Matthieu commence sa journée par 2 inséminations, service qu'il pratique moins depuis qu'il s'est spécialisé dans l'échographie.

Echographie

En pleine échographie...
Matthieu peut en faire jusqu'à 120 dans la journée.

Relations avec les éleveurs

Entretenir une bonne relation avec l'éleveur est une nécessité dans le métier.

Voiture de Matthieu

Le véhicule de fonction de Matthieu avec tout son matériel. Etre inséminateur, c'est aussi faire beaucoup de kilomètres.

Nettoyer ses bottes

Nettoyer ses bottes et son matériel est indispensable après chaque visite d'élevage.

Rencontre génisses

Matthieu va à la rencontre des éleveurs. Ici, il est en pleine discussion sur l'éventuel achat de génisses, mises à la vente par l'éleveur.

Retour au groupe

Retour au "groupe" le soir où on prend déjà les rendez-vous pour le lendemain. C'est aussi l'occasion de faire le point avec les collègues après une journée bien remplie.

Quel est votre parcours avant d’arriver à Gènes Diffusion ?

Matthieu BOMBART : Après une seconde générale, je me suis orienté vers un bac technologique STAE (Sciences et Technologie de l'Agronomie et de l'Environnement) option « bovin lait » à Genech. J’ai enchaîné, par la suite, par un BTS ACSE (Analyse et Conduite des Systèmes d’Exploitation)
« option lait », également à Genech.

En ce qui concerne mon parcours professionnel, je suis entré à Gènes Diffusion en novembre 2000 après une brève expérience professionnelle dans un autre secteur. J’ai commencé, comme tous les inséminateurs, ATE (Agent Technique d’Elevage), c'est-à-dire remplaçant et cela, pendant 6 mois. J’ai parcouru pas mal de groupes à Gènes Diffusion avant d’être nommé titulaire, la première fois, sur le secteur de Cambrai – Bapaume – Douai. Et je suis arrivé dans l’Aisne en 2003 en tant qu’animateur du groupe Thiérache.

Pourquoi avoir choisi ce métier ?

MB : Parce que c’est un métier d’aventure (rire) ! Il est très diversifié tant les tâches à faire sont multiples. Et puis, reconnaissons-le, nous faisons un métier original. Inséminateur c’est pratiquer des actes techniques que tout le monde ne sait pas forcément faire comme, tout simplement, inséminer ou « fouiller » une vache. En fait, je voulais faire un métier différent des « autres ».

Qu’est ce qui vous plait dans le métier d’inséminateur ?

MB : Beaucoup de choses. Par exemple, pour moi, être inséminateur c’est un peu la garantie d’un salarié avec la souplesse d’un dirigeant. Je veux dire par là que nous avons une certaine flexibilité dans notre quotidien. C’est une liberté d’action en quelque sorte. On organise nos journées avec, certes, quelques contraintes mais globalement, on le fait comme nous avons envie de travailler. Nous gérons notre emploi du temps, nos rendez-vous, etc… Il faut savoir être autonome.

Ensuite, l’un des aspects le plus important de notre métier est le contact humain. Le relationnel est omniprésent dans notre quotidien. Aujourd’hui, le métier d’inséminateur n’est plus le simple « pousse-paillette ». On doit accompagner l’éleveur, l’encadrer au niveau technique : suivre son troupeau, etc… Il y a donc énormément d’échanges entre les éleveurs et nous. Nous sommes à leur écoute et les conseillons dans beaucoup de domaines relatifs à l’élevage…mais pas uniquement parfois ! Les questions techniques auxquelles nous devons répondre n’ont pas forcément un lien avec la génétique. Aujourd’hui, il n’y a plus grand monde en ferme à part le contrôle laitier, le vétérinaire, le marchand d’aliment et nous. Donc nous sommes là aussi pour répondre à des questions qui n’ont pas forcément de rapport avec notre métier de base. Bref, quand on est en ferme, on doit avoir le sentiment d’apporter quelque chose à l’éleveur. Dans le relationnel, j’y mettrais également la prospection. Si on attend que l’éleveur appelle, on n’existera plus. Ce qui était vrai à une certaine époque, ne l’est plus aujourd’hui, les temps ont changé. C’est à nous d’aller voir l’éleveur qui ne nous appelle pas ou plus. Aujourd’hui, on doit être capable de prendre les devants.

Bien entendu, par définition, être inséminateur c’est être au contact des animaux. Même si on n’est pas un mordu de génétique, il faut savoir reconnaitre une bonne vache, une bonne mamelle, etc… Il faut savoir apprécier l’animal. Le métier nous pousse, pour l’essentiel, à être derrière les animaux malgré tout.

Un autre aspect, et non des moindres, qui me plait dans ce métier, c’est la diversité des tâches. Cela va de l’insémination à la détection des chaleurs, aux conseils d’accouplements, aux constats de gestation, jusqu’à la vente de produits, etc…

C’est un métier où on peut trouver un épanouissement personnel avec des perspectives d’évolution si on souhaite, bien sûr, agrandir son champ d’action. En ce qui me concerne, après mon arrivée dans le groupe Thiérache, j’ai choisi de me spécialiser. Depuis septembre 2006, je fais de l’échographie et depuis septembre 2007 du suivi repro.

Et vous êtes, aussi, devenu animateur de groupe…

MB : Oui. Je voulais relever un challenge. Bien qu’encore jeune dans le métier, l’opportunité d’évoluer s’est présentée à moi, j’ai donc tenté ma chance. Je pense avoir réussi à pousser les bonnes portes ou, du moins, à les provoquer. Je ne voulais pas rester « simple » inséminateur.

Quelles sont les contraintes de votre métier ?

MB : Forcément, il y en a, il n’y a pas de métier sans contraintes. Nous avons une activité très saisonnière par exemple. L’hiver est la période la plus intense et la plus chargée pour nous, avec des journées très remplies, tandis qu’en été, le rythme est moins soutenu et nous avons, de ce fait, plus de temps libre. Ce qui est appréciable à cette saison. Ce qui est certain, c’est que pour faire ce métier, il ne faut pas être fainéant. Nous travaillons, en moyenne, 250 jours dans l’année. Nous savons l’heure à laquelle nous commençons la journée mais pas celle où nous la terminons. Si l’on a prévu des rendez-vous en fin de journée, ça peut coincer.

Comme je le disais précédemment, nous avons un métier où nous échangeons beaucoup avec les éleveurs. Mais cela peut être, également, une source de pression. Aujourd’hui, l’éleveur est un client, il est donc en droit d’être exigeant. Les élevages sont de plus en plus gros, les éleveurs ont donc des responsabilités plus importantes. Nous essayons de satisfaire tout le monde, de faire notre maximum pour répondre à leurs attentes. Par contre, nous ne pouvons contenter tout le monde à la même heure ! C’est impossible…

Quel est le profil, selon vous, pour être inséminateur ?

MB : La première chose, avant tout, et je l’ai déjà dit, c’est de ne pas être fainéant ! Du travail, il y en a et il ne faut pas en avoir peur. Ensuite, il faut aimer le contact avec les gens, c’est très important. Avoir une bonne relation avec les éleveurs fait partie du travail. Il faut, également, être autonome et aussi, bien entendu, aimer les vaches. L’aspect technique n’est pas le plus important, au contraire. Savoir inséminer une vache, ça s’apprend. Les éleveurs n’attendent pas que l’inséminateur connaisse un pedigree d’un taureau sur 5 générations. Il faut, juste, connaître les caractéristiques d’un taureau.

Ensuite, et là c’est peut être plus personnel, je pense qu’il faut avoir l’esprit d’équipe. Nous sommes rattachés à un groupe d’inséminateurs (NDLR : Il y a 7 groupes sur la zone Gènes Diffusion) et, je pense qu’il est important d’avoir cet esprit avec le groupe auquel on appartient. Nous sommes certes, autonomes dans notre secteur et dans notre boulot mais il faut savoir aider son collègue quand celui-ci est en difficulté et il doit savoir faire la même chose pour vous. On est solidaire et je m’efforce de maintenir un esprit d’équipe dans mon groupe.

Comment voyez vous évoluer le métier d’inséminateur ? Est-ce que le profil du métier peut changer au sein de la coopérative et compte tenu de ses évolutions ?

MB : Les structures sont de plus en plus grosses et il y a de moins en moins d’éleveurs. Il faut que nous soyons présents dans ces gros établissements. Nous n’allons plus être de simples « pousse paillette » car sinon, les éleveurs vont vite se passer de nous. Il faut donc leur apporter autre chose qu’un acte technique, basique, de mise en place. Il faut savoir fouiller leurs vaches, planifier une synchro, etc… Il faut anticiper. Il faut que l’éleveur sente qu’il a besoin de nous pour gérer son troupeau sinon demain, nous n’aurons plus notre place. Si les éleveurs évoluent, nous devons évoluer aussi car sinon, on reste sur le bord de la route. La coopérative doit donc être une structure en perpétuel mouvement et nous, hommes de terrain, nous devons suivre et également évoluer. Il faut savoir se remettre en cause. Un professeur me citait souvent les trois lettres suivantes : O.A.D. Ce qui veut dire : Observer, Analyser, Décider. Il faut savoir décider vite, quelquefois, pour faire les bons choix d’évolution. C’est comme pour marquer un but. Celui qui marque est souvent à la limite du hors jeu. Il faut savoir prendre des risques.

Retrouvez toutes les interviews Gènes Diffusion

 

Accédez aux interviews 

GENES DIFFUSION
RECRUTE

Si le métier d'inséminateur vous intéresse, n'hésitez pas, contactez nous en cliquant ici.